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Retour à l'accueil

Un premier bilan de l'Assemblée de Porto Alegre

par le pasteur Gill Daudé, responsable du Service Œcuménique de la Fédération protestante de France, sur les plénières et débats « Justice Economique »..

Les cris de l’humanité
Une telle assemblée est aussi un point focal où convergent bien de préoccupations : les persécutions de certaines Eglises membres du COE, le droit des personnes et des langues autochtones, la réunification de la péninsule coréenne, la traite des femmes pour la prostitution lors des prochains jeux olympiques, la décennie contre la violence qui est à mi-parcours et devrait se conclure par une réunion œcuménique internationale pour la paix.

La pauvreté et l’injustice économique croissantes, effets d’une mondialisation économique dérégulée, ont suscité bien des débats, accusations, prises de positions ; nos Eglises locales peuvent aussi reprendre ces réflexions en utilisant le document suisse, celui de la KEK ou le libre blanc des assises chrétiennes de la mondialisation, finalement mieux adaptés à notre analyse que le document Agape sur lequel l’Assemblée n’a pas trouvé de consensus.

De plus longues déclarations, plus étayées au plan de l’analyse des situations, ont fait consensus :

l’Amérique latine, continent d’accueil de l’assemblée, qui se relève péniblement des blessures des violences passées, et lutte pour la vie et la dignité. L’assemblée demande l’allégement de sa dette extérieure.

la réforme des Nations unies, notamment pour une meilleure représentativité de ses membres ;

la crise de l’eau : l’accès à l’eau douce devient une question urgente pour plusieurs milliards de personnes. deviennent urgent. Nos Eglises devraient participer activement à la décennie internationale « L’eau, source de vie » (2005-2015) et développer des programmes d’accès à l’eau pour tous.

l’élimination des armes nucléaires revient à l’ordre du jour pour cause de non respect du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Les Eglises sont invitées à interpeller leurs gouvernements.

l’ingérence humanitaire et la protection préventive des populations, en vue de rechercher la paix au milieu de la violence, avec un débat intéressant sur la nécessité de l’usage ou non de la force en cas d’échec des médiations. Les Eglises se proposent comme médiations et instances de réconciliation.

Sur le terrorisme : l’assemblée récuse la notion de « guerre au terrorisme », estime que cette lutte relève de la justice pénale et encourage les initiatives interreligieuses.

• Devant l’affaire des caricatures, l’assemblée conteste cette liberté d’expression qui sert à faire du mal en tournant en dérision la religion. Elle encourage à redoubler le dialogue interreligieux tout en soulignant qu’il y a d’autres causes que le religieux : le conflit israélo-palestinien, les guerres en Irak et Afghanistan, les frustrations dues au colonialisme et les exclusions de populations au plan économique. Il faut encore lutter contre les préjugés et la xénophobie, et les Eglise ont leur part.

Le message final résume ainsi :

Nous prenons conscience, à l’écoute des participants à l’Assemblée, des plaintes qui s’élèvent quotidiennement dans leurs pays et dans leurs régions à la suite de catastrophes naturelles, de conflits violents et de situations d’oppression et de souffrance. Pourtant, nous avons aussi reçu de Dieu le mandat de témoigner de la transformation qui survient dans nos vies personnelles, dans nos Eglises, dans nos sociétés et dans l’ensemble du monde.