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Pasteurs du Nord, pasteurs du Sud, main dans la main

In : Bulletin d’Information Protestant, Janvier 2005

En février, sept pasteurs de France s’envoleront vers l’Afrique. Missionnaires ? Touristes ? Non ! Ils partent en formation chez un collègue : quatre au Congo, trois au Bénin. Ce sera le deuxième volet d’une expérience de formation interculturelle, initiée par les Eglises luthériennes et réformées de France en 1999. L’idée : permettre à chaque pasteur de recevoir un collègue du Sud pendant un mois pour partager son ministère, et lui donner l’occasion de partir à son tour un mois pour vivre aux côtés de son homologue.

La troisième « promotion » se prépare à vivre la deuxième partie de l’échange. Pour mettre en œuvre ce projet, les Eglises se sont appuyées sur les Equipes régionales « Mission », sur le Service protestant de Mission - Défap, et sur la commission formation du Conseil permanent luthéro-réformé (CPLR)..

Les pasteurs congolais et béninois ont été accueillis en novembre dans les paroisses de Caen, Alençon, Moyenne Dordogne, Nîmes, Martigues, (Eglise réformée de France), L’Estréchure-Saumane-St André de Valborgne (Eglise réformée évangélique indépendante / Eglise réformée de France), Mont Vaudois (Eglise Evangélique luthérienne de France-inspection de Montbéliard).

Début décembre, à Paris, un stage de quelques jours a permis aux pasteurs des deux continents de faire le bilan de la première phase de l’échange.

Ce qui a touché les pasteurs africains : l’excellent accueil qui leur a été réservé, aussi bien par les membres des Eglises locales que par les autorités civiles qu’ils ont pu rencontrer, la grande vitalité des « anciens » de nos paroisses, les efforts des Eglises et des pasteurs pour sortir de leurs murs et toucher la population là où elle se trouve (café théologique, groupe de maisons), la pédagogie de la catéchèse qui permet aux jeunes de participer activement. En revanche, ils ont déploré le peu de jeunes présents dans les cultes, l’absence de chorales pour animer la liturgie, la vétusté de certains temples (ils ont constaté que nos Eglises n’étaient pas aussi riches qu’ils le pensaient).

Ce qui a touché les pasteurs français : la grande précarité des conditions d’exercice du ministère de leurs homologues, les besoins énormes de leurs Eglises, particulièrement celle du Congo, qui sort à peine de la guerre civile.

A côté des échanges sur les différences culturelles, la vie de l’Eglise, et la pratique pastorale, les stagiaires ont été nourris par un exposé sur l’histoire de la Mission et les formes qu’elle prend aujourd’hui. Occasion de rappeler le rôle du Défap, comme outil au service de la Mission de nos Eglises de France, et de situer la Cevaa comme Communauté d’Eglises en Mission.

De l’avis de tous, de tels échanges donnent un nouvel élan au ministère : ils renouvellent la pratique pastorale, ils créent des solidarités humaines, ils ouvrent l’esprit. Ces échanges stimulent aussi les communautés qui accueillent : elles goûtent l’Eglise universelle, elles retrouvent du sens à leur engagement vis-à-vis des Eglises du Sud. Mais quelle forme cet engagement doit-il prendre ? Car après avoir accueilli un mois durant un pasteur du Sud, communautés et pasteurs du Nord ne veulent pas en rester là : chacun souhaite consolider les liens qui se sont tissés. Au-delà d’une aide ponctuelle qui ne résout pas les problèmes de fond, il faut maintenant trouver les moyens d’entrer dans un réel partenariat. Après le retour d’Afrique des sept pasteurs de France, le travail ne fera que commencer. (Didier Crouzet)

Pour plus d’information :

Opération Echange de Pasteurs

Témoignage de Malcolm White

Témoignage de Freddy Dhombres